A quel point êtes-vous malheureux au travail ?

Publié le par Farfalla

Extrait :

Qui, aujourd'hui, peut se vanter d'être heureux sur son lieu de travail ? Certainement pas les 31% de salariés "activement désengagés" – ceux qui ont une vision négative de leur entreprise et peuvent aller jusqu'à lutter contre les intérêts de cette dernière. Inspiré de l'armée, le modèle d'organisation du travail visant à contrôler l'ensemble des salariés en leur attribuant des tâches limitées a peu changé depuis la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, employeurs comme employés doivent s'accommoder d'un système archaïque qui ne correspond plus à personne : ni efficace, ni rentable. Toutefois, au milieu de l'apathie générale causée par ce dérèglement, certains refusent la fatalité et travaillent à l'entreprise du futur.

Métro, boulot, bingo

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C'est une ancienne collègue que j'ai eu l'autre soir au téléphone qui m'a parlé de ce documentaire que j'ai hélas raté...

Je vais probablement aussi rater les rediffusions, hélas, car elles sont programmées en semaine à 9h le matin.

En tout cas, ce documentaire et toute l'information qu'Arte en fait autour tombent pile poil au bon moment pour moi. Après ces semaines de haine, de révolte intérieure après les évènements récents dans l'entreprise où je bosse depuis 6 mois.

Je n'avais plus ressentie cette colère, cette haine intérieure depuis que j'ai quitté la capitale et une entreprise que je haïssais. Il est bien malheureux que j'ai retrouvé tout cela.

Mais c'est comme ça.

Est-ce que je lutte, est-ce que j'ai carrément lutté contre les intérêts de la boîte où je travaillais à Paris avant ? Non mais presque.

A Paris, puisqu'ils refusaient une rupture conventionnelle de mon contrat de travail, je me suis mise à quitter le taff à 16H dans l'espoir d'un licenciement pour faute. Peine perdue. On était 2 ou 3 à faire ça à la fin...

J'avais voulu mettre un commentaire négatif sur cette boîte, sur un site recensant les avis des employés sur leur boîte. Un site français. Hasard ou non, il a disparu rapidement de la circulation, avant que j'ai le temps de déposer le moindre commentaire.

Est-ce que je lutte contre les intérêts de la boîte où je suis à présent ? Non plus. Pas encore. Mais là je suis dans une boîte plus grande. Donc peut-être que je pourrais l'ajouter, si elle n'y est pas déjà, sur Glassdoor reviews.

Je ne comprends pas la soumission dont tout le monde fait preuve !

Ma collègue (on va la surnommer Amélie), de mon ancienne boîte, m'a encore reparlé, au téléphone, du bruit de l'open space.

Et c'est vrai que pour se concentrer sur son travail, c'était vraiment infernal, je me souviens.

Amélie m'a parlé des locaux, qui étaient toujours dans le même état que quand je suis partie. C'est-à-dire : pas de femme de ménage (ou alors une fois par semaine) donc toilettes qui puent la mort, bureaux nettoyés par les employés, poubelles sorties par les employés, pas d'aération.

Moi ça me rendait déjà furibarde à l'époque. Elle ça l'agaçait aussi.

Mais elle est toujours dans cette boîte. Et me disait que le patron leur a confié que quelques travaux d'aménagement oui ça coûtait cher, qu'il en parlait depuis plus de trois ans effectivement, mais ça ne serait pas pour cette année encore même si les locaux ne sont pas décents.

Amélie s'étonne, semble-t-il, que le patron ne soit toujours pas décidé. Mais ça s'arrête là. Ou alors sa colère est très intériorisée.

Mais elle ne se révolte pas.

On était plusieurs à avoir demandé des congés sans solde. Réponse négative et indignation de la patronne.

A voir fait des demandes de télétravail, 1 jour par semaine. Réponse négative et indignation de la patronne...

Qu'est-ce que m'a appris Amélie hier ???? Que la patronne (responsable administrative de l'entreprise et également sa femme) ne se pointait plus dans les locaux depuis décembre. Le patron leur a dit qu'elle s'était mise au télétravail.

Suite à quoi ? Inconfort ressenti par la patronne ???? Engueulade du couple ? Dépression ?

Et les gens ne se révoltent pas.

Elle me disait qu'un collègue a quitté la boîte récemment. On va l'appeler Benoît.

Benoît, je le supportais difficilement. Il était développeur. 35 ans. Il me donnait l'impression de tous nous prendre pour des cons en permanence. Il te coupait la parole, mettait toujours ta parole en doute, quand il expliquait quelque chose, ça durait longtemps, trop longtemps, c'était chiant et compliqué. Puis il mettait en doute les compétences des autres. J'étais mal à l'aise avec ce type.

Mais Benoît aussi était mécontent de nos conditions de travail. J'aurais aimé en parler avec lui. Mais les quelques fois où j'ai essayé, il s'est fermé comme une huître. Je suppose qu'il me méprisait.

Et Benoît ne se révoltait pas.

Je ne comprends vraiment vraiment pas... Amélie, Benoît.

Ni mes nouveaux collègues depuis plus de six mois.

Ils constatent des choses anormales sur le lieu de travail, s'en étonnent au minimum ou s'en indignent, en secret, avec des gens qu'ils apprécient. Mais dès qu'on parle d'un dialogue collectif sur ce qui pourrait changer, sur ce qu'on pourrait revendiquer tout le monde se ferme.

Dès qu'on parle inspection du travail, délégués du personnel, ça séduit quelques-uns. Puis ils finissent par se dégonfler comme des ballons de baudruches.

Je ne suis pas naïve :

  • ok on est dans le privé, avec beaucoup de patrons qui se comportent comme des croûtes d'hémorroïdes.
  • Ok, ça fout le souk de leur demander des comptes.
  • Ok, malgré les lois qui soi-disant protègent les salariés, un patron trouvera toujours quelque chose contre toi pour te faire virer, si besoin.
  • Ok, tout le monde a peur du tsunami qu'on peut déclencher en allant se plaindre de son patron.

Mais on ne peut pas passer notre vie comme ça à craindre nos patrons ! Qu'est-ce qui est risible là-dedans ???? Qu'est-ce qui est naïf ?????

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