Petite tragédie perso, licenciement et plus de vie

Publié le par Double-Six

Alors voilà, j'aimerais avoir un jardin, vivre à la campagne pour pouvoir enfin adopter un chien et un chat ou alors juste deux chats.

Mais je vis en région PACA (moi je suis bretonne) et c'est cheeer la région PACA. Autour de Nice, n'en parlons pas. Je n'ai jamais voulu vivre près de Nice. Ca me répugnait tout autant que la région parisienne où j'ai fait deux ans de bagne...tout ça pour acquérir de l'expérience professionnelle dans un métier qui m'ennuie.

Donc je vis près de Nice alors qu'il y a presque un an de ça, j'habitais LOIN. Et là-bas, ma vie était plutôt passionnante. Fraîchement débarquée de la région parisienne, qui avait bien amoché mon moral (grisaille, métro, vie chère, bruit, trop de monde partout), je m'étais fait très vite un bon groupe de copains. C'était passionnant : on faisait des soirées Jeux (Poker, Petits meurtres et faits divers, Time's Up). Ouais, on jouait pas au Monopoly quoi !

Comme on bossait presque tous dans la même entreprise, le midi c'était pareil (Le barbu, le 6 qui prend, tarot) ou c'était pétanque ou départ groupé pour la salle de gym. Ma vie sociale était donc très riche. A côté de cela, j'ai eu la chance de tomber sur un super appart (un ancien garage reconverti en loft) avec une terrasse de 40 m2, sans déconner. Au fond d'une cour où le proprio louait des emplacements pour garer bateaux et voitures. J'avais peu de voisins. A 19h, plus personne dans la cour. Je pouvais donc recevoir autant que je voulais et organiser des fiestas à réveiller les morts.  Comme le proprio faisait un peu mafieux et que des choses peut être pas très légales se tramaient dans sa cour (réparation de bagnoles au black en journée), je payais pas cher en plus. Pour couronner le tout, une adorable chatte est venue squatter chez moi. C'était le bonheur.

Côté loisirs, j'avais rejoint le club d'impro local (loisir que je pratique depuis 3 ans) et j'étais vraiment tombée sur une super asso'. Ambiance, cours, matchs, cabarets. J'adorais staffer ou monter sur scène. Encourager mon club lors des catchs, compter la caisse après les spectacles.

Bref, ma décision totalement hasardeuse de prendre ce boulot dans le sud embellit finalement ma vie à un point que je ne pouvais espérer. Au bout de 9 mois de ce petit bonheur quasi-quotidien et alors que pour la première fois de ma vie, je songeais à acheter un logement (j'ai une peur bleue des crédits longue durée), je me fis licencier brutalement sans cause réelle et sérieuse (voir mon article On vaut BEAUCOUP mieux que ça !!!).

Ce boulot m'ennuyait ferme donc en soi, le perdre n'était pas désagréable. Je l'avais même souhaité, mais pas comme ça.

Ce qui fut désagréable, ce sont les prétextes vicelards utilisés par le restructurateur en place pour me mettre dehors. Sans aucun doute, aux Prud'hommes, j'aurais gagné ! Mais les conseils de quelques CGtistes et d'une avocate que j'ai consultée m'ont retenue : j'avais peu d'ancienneté et j'aurais sans doute dépensé plus d'argent en justice que je n'en aurais gagné.

Ce qui fut très désagréable, ce fut la trahison d'un collègue que je prenais pour un grand copain en dehors du travail. Il m'avait même proposé qu'on crée une BD ensemble. Mais au travail, il était débordé, j'étais débordée. Il faisait des erreurs qu'il essayait de cacher. Ce qui entraînait des erreurs dans mon travail dont je lui parlais...et que je rattrapais. Rien de grave : il aurait fallu remettre l'organisation à plat et mettre fin aux dysfonctionnements. Mais lui n'avait pas cette sagesse, pas cette intelligence humaine. Il a été invité par le restructurateur à évaluer mon travail et l'a pourri, remettant carrément en cause l'ensemble de mes compétences. Plus tard, alors que je me faisais licencier salement, il balbutia pour lui-même "C'est une leçon de vie". Salaud !

Ce qui fut extrêmement désagréable, c'est le sourire en coin de mon ancienne cheffe. Tout le monde disait d'elle que c'était une vilaiiine ovaiiire trouée et obtuse et c'en était une. Elle m'avait refilé son poste, sans changement de contrat de travail. Elle avait réussi à me faire accepter l'idée qu'il fallait être patiente : la PME avait d'autres urgences que de changer mon contrat de travail !

Je nageais trop dans mon bonheur pour prêter attention à ses petites manipulations puantes. En effet, il est possible qu'elle se soit fait prendre dans tous les sens par le restructurateur pour obtenir mon licenciement. Sachant qu'elle avait une tellement haute idée d'elle-même cette SAAAAAAAALE ovaiiire trouée et obtuse que, avant de me faire licencier, elle m'envoyait des mails très critiques à l'égard de la traductrice japonaise en me disant à demi-mot qu'il fallait ou qu'elle serait licenciée. Ca la faisait bander ce sentiment de pouvoir sur la vie des autres.

Et moi je restais comme deux ronds de flan, devant tout ça, hésitant à me syndiquer puis rejoignant les copains à midi en me disant "On verra bien".

Alors que la tempête se levait, qu'on préparait tranquillement mon licenciement en coulisses, je fus approchée par une grande entreprise. Je me laissais désirée car je n'avais pas la tête à ça. Puis elle était située près de Nice alors au secouuuurs ! Pas pour moi ça ! Nice, le suppôt de la Côte d'Azur.

Alors qu'il était pratiquement sûr que ces croûtes d'hémorroïdes obtuses comptaient réellement me licencier, je me décidais enfin à répondre aux avances de la grande entreprise, plus pour mon estime personnelle qu'autre chose. Mon licenciement se fit très vite. Alors, tout en montant mon dossier contre les croûtes d'hémorroïdes obtuses en cas de Prud'hommes, je passais 1 test, 2 tests, 3... 1 entretien, 2 entretiens, 3... et ainsi de suite avec la grande entreprise. Je leur assurais vouloir vivre près de Nice (ben ouais, fallait bien donner une motivation) tout en me disant au fond de moi que Punaise, mon petit monde était en train de voler en éclats et au lieu de ramasser le verre brisé, j'allais encore déménager...

Je fus embauchée juste après avoir empoché le fruit d'une transaction passée avec les croûtes d'hémorroïdes obtuses (ce qui veut dire qu'ils se savaient en faute et voulaient s'épargner les Prud'hommes). Je ne vous raconte pas l'état de mon moral à ce moment là. Mes nouveaux collègues parfois s'inquiétaient de ma petite mine. Je ne pouvais partager cet épisode de vie compliqué avec personne. Je prétextais de la fatigue. 

Je louais, pour pouvoir me rendre à mon nouveau job, un petit studio laid et malodorant. Et oui, pas facile de trouver à se loger en plein été sur la Côte d'Uzure. Laid, malodorant mais bon rapport qualité-prix pour le coin (Cave et parking souterrain inclus dans le prix), bien situé, avec un bon balcon donnant sur un écrin de verdure qui faisait un peu oublier le bruit infernal de la route.

Dans ma tête, c'était du provisoire. Mes copains s'inquiétaient de mon moral tout en se réjouissant de ce qui m'arrivait : à peine licenciée d'une boîte minable, je me faisais débaucher par une grosse boîte qui doublait mon salaire.

Ceux de la super asso d'impro n'avaient rien pu suivre. Je ne leur en avais pas laissé la possibilité. Je me sentais plus capable de la moindre légèreté. Alors venir improviser sur les planches, ça m'était devenu impossible. Je demandais conseil, quand même, à 2, 3 d'entre eux expliquant ce qui m'arrivait. Mais je restais brève. Sans parler de ma pudeur naturelle, de la peur qu'ils se disent "Maiis, elle l'a pas un peu cherché ?". Je faisais court de peur que le récit de ma petite tragédie personnelle prenne un jour et une nuit.

Je commençais donc ma nouvelle vie improvisée, dans une ville que je détestais, avec un champ de ruines dans la tête. Je me réinscris à mes activités normales (sport, impro), mais les groupes locaux n'avaient absolument pas la saveur de ceux que j'avais connu avant.

J'espérais créer de nouvelles relations mais je trouvais les gens bien réservés, indifférents. Ou alors c'était moi qui voyais tout en noir ? Ou...c'est là qu'ils se cachent les vilains habitants méchants et superficiels de la région PACA, ceux qu'on critique dans le nord...

Je persistais dans certaines activités, en laissait tomber d'autres. Relationnellement parlant, je n'arrivais plus à rien. Pas envie, pas envie de donner envie de me connaitre, incapacité nouvelle à partager quoi que ce soit.

 

Ce fut l'enfer :

  • qu'est-ce que je fais ??? Je laisse tout tomber et je me réfugie en Bretagne ? 
  • ça peut être bien de rester un peu ici quand même : le salaire et le climat sont bons. Cette grosse boîte offre des avantages certains...
  • punaise mais ma vie n'a aucun sens ici. Aller, on lâche tout et on revient chez soi, au chômage. Ou alors...installons-nous entre Toulon et Nice, comme ça... j'aurais moins l'impression d'avoir tout quitté pour un boulot...
  • c'est pas si mal par ici en fait. Ce ne sera jamais chez moi mais ce n'est pas si...BON SANNNNNNG mais je ne veux vivre nulle part ailleurs qu'à Toulon ! Ou alors je retourne en Bretagne !!!
  • à Toulon, pfff, il n'y a plus personne. La plupart des copains se sont barrés...à quoi bon ?

Mon copain finit par me rejoindre dans mon studio malodorant. Je me lançais dans le MOOC Oasis. Le printemps venant, j'entendais les grenouilles chanter, dans le parc, autour de ma résidence. Je me mettais à jardiner sur mon balcon. Le midi, au déjeuner, le soleil et sa douce chaleur m'escortaient, en promenade. Je partis en Norvège en vacances. Je revins et découvris des ruelles calmes autour de chez moi.

Le moral s'améliorait. Mais quel sens prenait ma vie ? Vivre à droite à gauche par pur hasard...

Mais qui fait ça ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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