Marielle la nunuche

Publié le par Farfalle, le papillon italien

Pensez-vous que l'amité puisse survivre à tout ? Qu'il faut s'y accrocher coûte que coûte ? Même lorsqu'on découvre que nos amis sont très différents de ce que l'on croit ?

Non, moi je dis que ce n'est pas possible. Ou du moins pas en colocation. Laissez-moi en effet me remémorer l'agacement que je ressentais face à une de mes anciennes copines qui adorait raconter sa vie, les troubles de son intimité, les ennuis censés rester secrets des autres copines !

C'était une grande bavarde du temps où nous étions trèèèès copines. Le poids de ses logorrhées pesaient déjà lourd
sur mes paupières à cette époque, lorsque nous nous voyions l'une chez l'autre.

Mais je considérais ce défaut avec amusement...

Un peu plus tard, avec férocité !!!
Frrrrrrrrrrrrrrrt !

En effet, au plus fort de notre amitié, nous nous installâmes en colocation. Hélas, je découvris ses horrribles défauts et elle les miens. Notre relation se déteriora au fur à mesure des mois qui passaient.

J'avais été très claire sur la question des petits copains au départ :
pas de problème pour qu'ils passent, dorment, séjournent quelques jours. Mais hors de question qu'ils s'installent. Elle m'avait approuvée, me disant que c'était normal. Et que comme sa soeur logeait avec nous, on se retrouverait vite à l'étroit, si nous étions plus de trois.

Cependant, six mois plus tard, elle me fit part de son intention de s'installer avec Aziz dans notre appartement. Il y avait déjà quelques tensions non négligeables entre nous.

Je me dis...
Elle, son copain et sa soeur...bientôt, ce sera le meilleur ami du copain, lui aussi en situation irrégulière, qui viendra me remplacer, dans ma chambre. Je lui expliquais calmement que je n'étais absolument pas d'accord. Que je ne pouvais concevor une colocation avec un couple. Que même pour eux, ça risquait de devenir vite invivable.

Marielle se fâcha, me dit que j'étais égoïste et jalouse, que je voulais l'empêcher d'être heureuse. Elle coupa ensuite court à la conversation, me disant que je n'étais pas une vraie amie. Que si ça avait été Marine, elle elle aurait accepté d'abord. Et quitta la pièce, des larmes de crocodile plein les yeux.

C'est toujours lorsqu'on essaie d'apaiser les tensions en douceur qu'on s'en mord les doigts ensuite. J'avais réagi calmement, gentiment. Mais au vu de ce qu'elle me balançait à la gueule, j'aurais dû hurler plus fort qu'elle. J'en avais marre de sa dictature, de son réglement arbitraire qui ne convenaient qu'à elle seule.

Bien entendu, sa soeur, qu'elle martyrisait régulièrement (« Ouais, de toute façon t'es une petite intello, hein Audrey ! Ils sont contents papa maman, hein !»; « tu vois pas que je cause à Farfalle, ferme ta gueule »), l'approuvait de A à Z.

Elle avait beau se faire régulièrement manquer de respect, envoyer sur les roses pour un oui, pour un non, Audrey vouait une adoration inébranlable à sa soeur aînée. Peut-être qu'elle aimait ça. Après tout !

Le petit copain ne s'installa finalement pas chez nous, mais il était là de plus en plus souvent. Monopolisant la télévision, la salle de bain. Je ne sais pas pourquoi je réagissais de façon si diplomatique. Aujourd'hui, lorsque je reconsidère les évènements, je me dis que j'aurais dû distribuer une palanquée de baffes et prévenir le proprio de l'appart ' . Mais à l'époque, je n'appelais pas cela défendre son bifteck mais de la délation. Alors je me tus.

J'appris à me méfier de celle qui était ma grande amie au départ. Elle le sentit, prit aussi ses distances avec moi d'une certaine façon.

Mais ce que je ne comprenais pas, mais alors vraiment pas, c'est qu'elle éprouvait le besoin de m'en raconter toujours plus sur sa vie sexuelle !

Alors que notre « pseudo » amitié virait à l'hypocrisie. Alors que ce ne sont pas des choses que l'on raconte à n'importe qui. Que si j'avais eu l'esprit mal tourné, j'aurais pu faire part à un certain nombre de personnes de l'obsession sexuelle de Marielle.

Mais elle avait besoin de raconter, de revivre avec impudeur ces moments passionnants de sa vie sexuelle. Et je l'écoutais avec un désespoir grandissant, voyant en cette qualité d'écoute un des derniers vestiges de notre « grannnnnnde » amitié.

Je voyais l'aiguille de la pendule dépasser minuit puis 1h du matin, mes paupières tentaient se fermer, mais je l'écoutais quand même. Je crois que j'aurais limite pu m'écrouler de sommeil, elle aurait continué. Ayant simplement besoin d'une présence, qui absorberait, même dans un profond sommeil, ses infâmes anecdotes, discours et découvertes.


Putain ! Elle était limité à mouiller sur place quand elle racontait. Et c'était chiannnnnnnnnnnnt ! C'était nulllllll ! Les divagations d'une nunuche blonde sur sa vie sexuelle.

Passons...

Plus d'une fois, j'ai eu envie de lui dire d'aller s'exciter toute seule dans sa chambre. D'aller soulager ce trop plein d'énergie sexuelle dans l'acte solitaire et non dans ces discours sans fin qui me donnaient envie de lui exploser le crâne contre le mur. Mais je n'osais pas l'envoyer balader.

Aujourd'hui, malheureusement nous ne parlons plus .Mais en fait, non, ce n'est pas malheureux. Je devrais plutôt m'estimer heureuse qu'elle ait fini par se casser, avec son mec, qui lui déclara d'ailleurs, lorsqu'elle trouva ce studio qu'ils allaient soi-disant partager :

 

« Oh, c'est moche içi, puis c'est petit. Ca me donne pas envie de te rendre visite ».

Cette expérience fut instructive...comme quoi, on ne peut donner le bon dieu (sauf que j'aime pas dieu), sans confession à des amis ! Et vivre avec, c'est prendre le risque de découvrir ce qu'il ne vaudrait mieux pas connaître des gens.

 

Publié dans Ricordi

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girondin 21/04/2007 21:45

J'aime toujours autant ta façon d'écrire. Tu as vraiment du talent, je t assure!!!!
Je continuerai de te lire encore longtemps. A chaque fois je me régale.
Bisous

Farfalle, le papillon italien 21/04/2007 21:50

:-)

Funny Valentine 20/04/2007 11:32

A supporter sans doute beaucoup moins mais à lire , c'est vraiment très drôle, un régal. De bonne humeur pour toute la journée. ;=)

Farfalle, le papillon italien 20/04/2007 20:02

;-)

cafeïne 18/04/2007 23:03

il ne faut jamais se laisser bouffer, que ce soit en amour ou en amitié.. bcp en abusent, je sais de quoi je parle ! et le pire, c'est qu'ensuite, ils se permettent de juger sous je ne sais quel prétexte à la con !bizou