Oser le féminisme

Publié le par Farfalle, le papillon italien

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Retour sur l'avant-scène des féministes depuis l'affaire DSK... et ben tanttttt mieux !!!! 

Ce que je trouve terrible, c'est de sentir dans mon subconscient un léger agacement quand on me parle Féminisme. Comme si les choses avaient tout de même progressé et que les féministes chipotaient sur des broutilles...

Et pourtant, c'est faux ! Je sais que la cause n'est jamais acquise, qu'une vigilance totale est de mise et les injustices aberrantes dont sont victimes les femmes/les filles sont quotidiennes :

  • sexisme ordinaire,
  • insultes,
  • remise en cause régulière de l'avortement,
  • inégalité scandaleuse de l'écart de salaire,
  • et qu'on te serve du Monsieur sur des papiers admin' destinés au couple,
  • et que tu n'ose pas rentrer seule la nuit parce que tu es une fille,
  • etc.,

 

Jusqu'à cette instit' (s'il y a pourtant un lieu d'action, c'est bien l'école, dès la primaire) qui trouvait ça normal qu'un petit garçon ait mis la main aux fesses d'une petite fille parce que cette dernière portait une robe, ce qui faisait d'elle, aux yeux de l'instit', une aguicheuse... heureusement que d'autres instit' furent là :

1/ Pour faire réfléchir l'institutrice (la professeure des écoles, pardon) sur sa façon de voir les choses,

2/ Pour donner un cours d'éducation civique improvisé à la classe des gamins en question. Et pourtant, ils sont débordés les instits, mais comme quoi, l'esprit de Service Public, c'est précieux, irremplaçable !

Ainsi un tas d'actes quotidiens et paraissant insignifiants continueront d'être perpétrés, alimentant l'inégalité Femmes-Hommes, encore et encore. Car notre cerveau primitif et collectif est bien long à déprogrammer... 

 

Expérience personnelle du sexisme sur le lieu de travail

Moi, j'ai bossé dans une première boîte avec une majorité d'hommes. Je n'ai jamais rencontré de problèmes, on ne m'a jamais manqué de respect. C'était une grande boîte. Je suppose que les gros lourds restaient entre eux. Ah si seulement j'avais pu y rester...

J'ai ensuite travaillé dans une deuxième boîte, avec un effectif plus réduit, dans le sud. Également avec une majorité d'hommes. Mon chef était un homme très gentil. Mais par ailleurs, c'était aussi un workaholic à fond dans le système libéral, un macho. Parfois il appelait sa femme, la spécialiste de l'intendance, disait-il, pour des raisons pratiques. Il me tapait sur les nerfs.

Il n'osait rien me déléguer qui soit trop intéressant. Il avait lu mon CV, c'est lui qui m'avait sélectionnée mais il me traitait comme si je savais à peine me servir d'un ordinateur... Abruti de sac-à-couilles !!!

J'ai décidé qu'il serait tellement épaté par mes compétences professionnelles qu'il aurait à me regretter ! J'en ai fait des tonnes !!! J'y suis parvenue !!! Il m'a dit être triste de mon départ et que je serai dure à remplacer ! Bien fait !!!! 

Le sexisme ambiant était détestable : blagues graveleuses pourraves. Au point que je me faisais le plus discrète possible, au point que je parlais le moins possible à mes collègues masculins (hormis à mon chef). J'en ai parfois souffert. Parfois je me suis demandé si ce n'est pas moi qui manquait sérieusement d'humour. Mais non, non, on m'a toujours trouvée drôle... et quand quelquechose vous heurte, ce n'est pas pour rien.

Quoi qu'il en soit, malgré l'ambiance, un jour, je me suis dit : « Tant pis ! Je viendrai quand même en jupe aujourd'hui ». Ca n'a pas loupé... À 9h (-1 minute), l'infographiste m'a dit (en plaisantant, bien sûr !!! On plaisante Farfalla, me disaient-ils... :

« Bonnasse ! ».

Je lui ai fait un sourire faussement décontracté et lui ai répondu, du tac au tac : « Grognasse ». Mauvaise réponse, ayant peu d'effet, sexiste elle-même dans le fond...J'avais beau savoir que c'était de gros cons, l'insulte (pour plaisanter, bien sûrrr !!!!), m'a quand même surprise.

Bon, je débutais, ... je ne pouvais pas me permettre de faire d'esclandre, de contacter une association, l'inspection du travail (que le présent gouvernement a bien réduit en charpie)... alors j'ai accumulé de la rage, au fond de moi, tout au long de mon contrat dans cette boîte de connards.

Les standardistes, les deux seules autres femmes supportaient cela depuis des dizaines d'années. Elles riaient à leurs blagues. Remarque, elles étaient rarement visées. Pour ces connards-ci, une femme passé la trentaine, elle n'était plus digne d'intérêt. Ah si, de temps à autre, ils leur rappelaient qu'elles étaient vieilles... 

 

Le féminisme a été remis sur le devant de la scène... eh ben tanttttt mieuxxxxx !!!! Parce qu'il y a du travail !!!!

Publié dans Opinions

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CARDAMOME 15/08/2011 09:20



tellement de travail encore à faire ddnas ce domaine et dnas le domaine de l'objectivité, dans les deux camps


article fort interessant


merci pour ta visite!